{"id":187,"date":"2020-05-29T14:11:37","date_gmt":"2020-05-29T12:11:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www2.lescheminsdumontsaintmichel.com\/catalogue-exposition-du-gargan-a-leurope-caen-ete-2023\/"},"modified":"2024-08-15T23:32:40","modified_gmt":"2024-08-15T21:32:40","slug":"catalogue-exposition-du-gargan-a-leurope-caen-ete-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/catalogue-exposition-du-gargan-a-leurope-caen-ete-2023\/","title":{"rendered":"Catalogo della mostra Dal Gargano all'Europa (Caen, estate 2023)"},"content":{"rendered":"<h2> <strong>Du Gargan \u00e0 l&rsquo;Europe, histoire des trois monts d\u00e9di\u00e9s \u00e0 saint Michel <\/strong>  <\/h2>\n<p><\/strong><br \/>\nExposition pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-Pierre de Caen durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2023<\/p>\n<p><img2145|left><br \/>\n<br \/>\ncatalogue des panneaux de l&rsquo;exposition r\u00e9alis\u00e9e avec les universit\u00e9s de Bari, Caen et Turin<\/p>\n<hr \/>\n<h2><strong> <em>MONTE GARGANO (Pouille)<\/strong> <\/h2>\n<p><\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/Monte_sant_angelo.jpg\" alt=\"Monte Gargano\" title=\"Monte Gargano\" class=\"caption\" align=\"left\" \/>Au Ve si\u00e8cle, le culte de l\u2019Archange s\u2019implanta dans une grotte du Monte Gargano o\u00f9, selon la tradition, il apparut trois fois \u00e0 Laurent, l\u2019\u00e9v\u00eaque de Siponto, sacralisant ainsi ce lieu qui devint le but de p\u00e8lerins venus de diverses r\u00e9gions italiennes et europ\u00e9ennes. Au VIIe si\u00e8cle, la grotte-sanctuaire attira l\u2019attention des Lombards de B\u00e9n\u00e9vent qui se rendirent ma\u00eetres du Gargano, pla\u00e7ant le dioc\u00e8se sipontin sous leur propre juridiction, faisant de Michel et du sanctuaire garganique leur saint national. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, ils entreprendront une restructuration du site comme en t\u00e9moignent environ deux cents inscriptions des VIIe-IXe si\u00e8cles, grav\u00e9es ou \u00e9crites sur les parties les plus anciennes de l\u2019ensemble monumental ; parmi celles-ci, on en compte au moins cinq en caract\u00e8res runiques, alors que d\u2019autres attestent la pr\u00e9sence de p\u00e8lerins lombards, francs, anglais et saxons.<br \/>\nAu Moyen \u00c2ge, la grotte repr\u00e9senta un v\u00e9ritable mod\u00e8le de sanctuaire micha\u00e9lique : des lieux de culte furent ainsi \u00e9difi\u00e9s en Italie et en Europe \u00e0 l\u2019imitation du sanctuaire garganique,  implant\u00e9s au sommet des montagnes ou sur des hauteurs, ils constitu\u00e8rent des r\u00e9pliques de celui-ci.<br \/>\nLes Byzantins, les Normands et surtout les Angevins s\u2019int\u00e9ress\u00e8rent \u00e0 la vie du sanctuaire ; au XIIIe si\u00e8cle, ces derniers, donn\u00e8rent au sanctuaire une nouvelle configuration en grande partie conserv\u00e9e aujourd\u2019hui. Lieu de culte et centre de profonde spiritualit\u00e9, le sanctuaire est aujourd\u2019hui confi\u00e9 aux soins des p\u00e8res de la Congr\u00e9gation de saint Michel archange.<br \/>\nDerni\u00e8rement, les communes de Monte Sant\u2019Angelo, Cividale del Friuli, Brescia, Castelseprio, Spol\u00e8te, Campello, B\u00e9nevent, entre autres, et des institutions culturelles ont obtenu l\u2019inscription de l\u2019aire lombarde italique sur la liste du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.<br \/>\nPr Giorgio OTRANTO (Universit\u00e0 degli Studi di Bari)<\/p>\n<p><em> <strong>Grotte et ma\u00eetre-autel<\/strong><br \/>\nMonte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel<\/em><br \/>\nEntre la fin du XVIe si\u00e8cle et le milieu du si\u00e8cle suivant, Domenico Ginnasio (1586-1607) fit creuser le fond de la grotte pour obtenir un sanctuaire plus spacieux et plus appropri\u00e9 \u00e0 la solennit\u00e9 des messes pontificales. Au cours des premi\u00e8res d\u00e9cennies du XVIIe si\u00e8cle, l&rsquo;espace r\u00e9serv\u00e9 au \u00ab rocher de la grotte sacr\u00e9e qui sert d&rsquo;autel, et sur lequel furent trouv\u00e9es les traces de ses pas, comme celles d&rsquo;un enfant imprim\u00e9es dans la neige \u00bb (Inventaire de 1678) \u2013 rocher que des textes anciens d\u00e9crivaient \u00ab entour\u00e9 d&rsquo;une petite grille \u00bb (Serafmo Razzi, 1576) \u2013, fut agrandi, entour\u00e9 de marbre et soustrait aux regards \u00ab par des plaques de cuivre que Son \u00c9minence le Cardinal Ginnasio, archev\u00eaque de Siponto,fit clouer, afin d&rsquo;\u00f4ter aux hommes la curiosit\u00e9 de regarder \u00bb (Inventaire de 1678). Il fallait l&rsquo;autorisation du cardinal pour avoir le droit de regarder l&rsquo;Autel des Empreintes \u00e0 travers une ouverture quadrangulaire pratiqu\u00e9e dans l&rsquo;enceinte de cuivre, ferm\u00e9e par deux petites portes : \u00ab l&rsquo;une d&rsquo;elles faite d&rsquo;une plaque d&rsquo;argent avec un Saint-Michel en relief, de sorte que l&rsquo;on voit l&rsquo;Apparition avec la cl\u00e9, et une autre de bois, pareillement avec des cl\u00e9s de fer \u00bb. La statue de marbre repr\u00e9sentant l&rsquo;archange saint Michel, r\u00e9alis\u00e9e au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle pour l&rsquo;Autel des Empreintes, rempla\u00e7a des statues plus anciennes en or et en argent command\u00e9es par les membres des maisons royales d&rsquo;Anjou ou d&rsquo;Aragon. Le pillage auquel se livr\u00e8rent les Fran\u00e7ais en 1799 causa des dommages incalculables \u00e0 la basilique. Si le Tr\u00e9sor ne retrouva pas sa splendeur, tous les efforts converg\u00e8rent pour rendre au sanctuaire le mobilier du pass\u00e9. En 1852, on d\u00e9cida d\u2019\u00e9riger une nouvelles ch\u00e2sse sur l&rsquo;autel de saint Michel et les ex-voto en m\u00e9taux pr\u00e9cieux furent vendus pour financer la nouvelle ch\u00e2sse. \u00c0 l&rsquo;ach\u00e8vement des travaux qui furent r\u00e9alis\u00e9s conform\u00e9ment au projet, leur co\u00fbt s&rsquo;\u00e9leva \u00e0 la somme de 25000 ducats. Les \u00e9l\u00e9ments en argent et en cristal de la nouvelle ch\u00e2sse furent transport\u00e9s \u00e0 Monte Sant\u2019Angelo et mont\u00e9s sur l&rsquo;autel le 1er mai 1854.<\/p>\n<p><strong> <em>Saint Michel terrassant le d\u00e9mon, sculpteur napolitain, d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle,  <\/strong><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Miche<\/em>l<br \/>\nStatue de l&rsquo;Archange, support de la d\u00e9votion des p\u00e8lerins depuis le XVIe si\u00e8cle et reproduite dans les souvenirs pour p\u00e8lerins vendus au Monte Gargano depuis cette date<\/p>\n<p><strong> <em>La crypte lombarde, l\u2019escalier tortueux et l\u2019escalier droit (d\u00e9tail), VIIe-VIIIe si\u00e8cles, <\/strong><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel<\/em><br \/>\nD\u00e8s le milieu du VIIe et jusqu&rsquo;au VIIIe si\u00e8cle, les ducs de B\u00e9n\u00e9vent entreprirent et financ\u00e8rent d&rsquo;importants travaux de restructuration et d&rsquo;agrandissement du sanctuaire de Saint-Michel ; des restes monumentaux et \u00e9pigraphiques en perp\u00e9tuent le souvenir. Une premi\u00e8re op\u00e9ration daterait de l&rsquo;\u00e9poque de Romuald Ier (662- 687), qui fit construire un nouveau Degr\u00e9 ; celui-ci conduisait d&rsquo;abord \u00e0 \u00ab l&rsquo;autel des Empreintes \u00bb puis obliquait vers le chemin qui rejoignait au sud la basylica grandis. Plus tard fut abattue la paroi rocheuse qui partageait la grotte en deux, cr\u00e9ant un unique et vaste espace auquel on acc\u00e9dait par un nouvel escalier monumental; plus haut que celui qu&rsquo;avait construit Romuald Ier \u00ab il partait de l&rsquo;ancienne entr\u00e9e m\u00e9ridionale et \u00e9tait flanqu\u00e9 de deux ordres d&rsquo;arcades qui permettaient d&#8217;embrasser toute la caverne du regard. Simultan\u00e9ment, gr\u00e2ce \u00e0 deux trav\u00e9es suppl\u00e9mentaires, l&rsquo;escalier monumental fut reli\u00e9 au corps central d&rsquo;un b\u00e2timent qui en comptait cinq, tandis qu&rsquo;une huiti\u00e8me trav\u00e9e situ\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;escalier devint l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;\u00e9difice, lui donnant ainsi l&rsquo;aspect d&rsquo;une longue galerie d&rsquo;environ quarante m\u00e8tres; elle correspond \u00e0 l\u2019actuel Mus\u00e9e lapidaire.<\/p>\n<p><strong> <em>Inscriptions runiques de p\u00e8lerins anglo-saxons, VIIIe si\u00e8cle <\/strong><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel, entr\u00e9e de la galerie lombard<\/em>e<br \/>\nL&rsquo;afflux incessant de fid\u00e8les se rendant en p\u00e8lerinages \u00e0 la grotte prit rapidement une ampleur de port\u00e9e europ\u00e9enne. Les p\u00e8lerins qui venaient de France, d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Espagne, des \u00celes Britanniques et qui allaient \u00e0 Rome ou en Terre Sainte, s&rsquo;arr\u00eataient au monte Gargano pour v\u00e9n\u00e9rer l&rsquo;Archange, comme en t\u00e9moignent les vestiges \u00e9pigraphiques qui montrent bien qu&rsquo;au nombre des \u00e9tapes du p\u00e8lerin anglo-saxon s&rsquo;ajoutait celle du promontoire des Pouilles.<br \/>\nBien des visiteurs ont laiss\u00e9 leurs traces dans ce lieu sacr\u00e9 : marques sans signification apparente, simples croix ou noms pour les plus cultiv\u00e9s. Quatre de ces inscriptions ne sont pas en caract\u00e8res latins ou grecs. Ce sont des runes, caract\u00e8res utilis\u00e9s en Angleterre du VIe au IXe si\u00e8cle. Elles ne forment pas \u00e0 proprement parler un alphabet, du moins \u00e0 l&rsquo;origine. Con\u00e7ues pour transcrire toutes sortes de textes, elles ne sont pas simplement les correspondantes nordiques des lettres latines ou grecques. Ces signes qui \u00e9taient uniquement constitu\u00e9s de traits droits et anguleux, sans le moindre arrondi, \u00e9taient adapt\u00e9s \u00e0 la gravure sur la pierre, le m\u00e9tal, le bois et avaient aussi et surtout une signification magique et sacr\u00e9e. L&rsquo;apprentissage et l&rsquo;usage de cette \u00e9criture \u00e9taient exclusivement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;origine \u00e0 la caste sacerdotale. L&rsquo;\u00c9glise catholique anglo-saxonne, fid\u00e8le \u00e0 la tradition, int\u00e9gra l&rsquo;\u00e9criture runique dans son patrimoine culturel comme le prouvent les traces en caract\u00e8res runiques laiss\u00e9es, lors de leur passage au sanctuaire de l&rsquo;Archange, par Hereberehct, Leofwini, Wigfus et Herraed.<\/p>\n<p><strong> <em>Boucliers, casques, armoiries, figures humaines, empreintes de mains et de pieds. Marques grav\u00e9es par les p\u00e8lerins sur la structure du sanctuaire, 1636-1997<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel.<\/em><br \/>\n\u00ab On progressait avec difficult\u00e9 \u00e0 travers la foule des p\u00e8lerins qui, \u00e0 chaque pas s&rsquo;arr\u00eataient, ou pour dire une pri\u00e8re ou pour graver sur le sol ou les parois, la forme de leur pied ou de leur main. Je ne r\u00e9ussis pas \u00e0 comprendre ce que signifiait cette coutume: ils disaient qu&rsquo;ils la faisaient \u201cpar d\u00e9votion\u201d et un jeune paysan s&rsquo;offrit \u00e0 tracer la forme de mon pied, en ajoutant cependant que \u201c\u00e7a n&rsquo;aurait pas fait autant de bien au salut de l&rsquo;\u00e2me de madame, que de le tracer vous-m\u00eame\u201d [&#8230;]. L&rsquo;immense foule agenouill\u00e9e au-dessus de la t\u00eate de laquelle s&rsquo;agitait une vague de rameaux de pin ; les pr\u00eatres c\u00e9l\u00e9brant en habits pompeux, les s\u00e9minaristes en surplis blanc et les nuages d&rsquo;encens qui s&rsquo;\u00e9levaient dans cette semi obscurit\u00e9, tout ressemblait \u00e0 un r\u00eave \u00bb (J. Ross, 1888).<\/p>\n<p><strong> <em>Reconstitution de l\u2019itin\u00e9raire du moine Bernard (867)<\/em> <\/strong><br \/>\nL\u2019Archange, Bernard et ses compagnons agenouill\u00e9s devant l\u2019Archange,<br \/>\nFresque, XIIIe si\u00e8cle, Olevano sul Tusciano (Campanie), grotte Saint-Michel<br \/>\nLe t\u00e9moignage du moine Bernard qui, en route vers la Terre Sainte, fit une halte au sanctuaire au milieu du IXe si\u00e8cle est, sur ce point, remarquable : \u00ab C&rsquo;est ainsi que, partis de Rome, nous parv\u00eenmes au monte Gargano, o\u00f9, sous un \u00e9norme rocher d&rsquo;un seul tenant, au-dessus duquel poussent des ch\u00eanes charg\u00e9s de glands, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve l&rsquo;\u00e9glise de Saint Michel qui, selon la tradition, comme chacun sait, aurait \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par l&rsquo;Archange lui-m\u00eame. L&rsquo;atrium, qui peut contenir cinquante personnes, est au nord. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur, vers l&rsquo;est, il y a une repr\u00e9sentation de l&rsquo;ange ; au sud, il y a un autel sur lequel on c\u00e9l\u00e8bre le sacrifice eucharistique et nul autre don ne peut y \u00eatre d\u00e9pos\u00e9. Mais devant l&rsquo;autel, il y a un vase suspendu dans lequel on d\u00e9pose les dons votifs et, tout pr\u00e8s, d&rsquo;autres autels. L&rsquo;abb\u00e9 de cette \u00e9glise s&rsquo;appelait <em>Benignatus<\/em> et \u00e9tait le sup\u00e9rieur d&rsquo;une communaut\u00e9 nombreuse \u00bb (<em>Itinerarium Bernardi monachi<\/em>).<\/p>\n<p><em> <strong>Portes de bronze, 1076<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel<\/em><br \/>\nLe portail de marbre, dont l&rsquo;\u00e9brasement \u00e0 triple ressaut encadre les vantaux de bronze, ouvre sur un vestibule ou atrium interne et donne acc\u00e8s aujourd&rsquo;hui \u00e0 la nef d&rsquo;\u00e9poque angevine. On ne conna\u00eet pas l&#8217;emplacement originel de la porte qui a visiblement subi des modifications pou s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice du XIIIe si\u00e8cle. Cependant, de nombreux indices, notamment l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d&rsquo;\u00e9poque angevine dans l&rsquo;atrium, permettent de penser que l&rsquo;atrium et l&rsquo;entr\u00e9e faisaient partie de l&rsquo;ordonnance architecturale du d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9poque normande ; la date d&rsquo;ex\u00e9cution des portes de bronze (1076) et de leur donation au sanctuaire corrobore cette hypoth\u00e8se. Comme l\u2019atteste une inscription, les deux vantaux de la porte furent ex\u00e9cut\u00e9s en 1076 \u00e0 Constantinople par un noble d\u2019Amalfi et donn\u00e9es au sanctuaire. Ce portail appartient \u00e0 un groupe d\u2019\u0153uvres similaires que l\u2019on rencontre surtout dans le Latium et en Campanie. La d\u00e9coration en nielle d\u2019argent est \u00e9galement typique des ateliers de Constantinople. Les panneaux illustrent notamment la l\u00e9gende de la fondation du sanctuaire, avec les trois apparitions de l\u2019archange \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque de Siponto.<\/p>\n<p><em> <strong>Ex-voto<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Monte Sant\u2019Angelo, sanctuaire de Saint-Michel, Museo devozionale<\/em><br \/>\nLes ex-voto  pr\u00e9sent\u00e9s au Museo devozionale sont l&rsquo;expression la plus imm\u00e9diate et la plus explicite de l&rsquo;intervention divine avec la figure du saint v\u00e9n\u00e9r\u00e9, l&rsquo;identit\u00e9 du donateur et l\u2019\u00e9v\u00e9nement jug\u00e9 miraculeux. Si l\u2019on faisait appel \u00e0 des artistes renomm\u00e9s, les plus modestes avaient la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 des fonds de tableaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9dispos\u00e9s par le peintre \u2013 avec ciel sombre, mer en temp\u00eate et embarcation anonyme ou accident de charrette et personne gisant au lit \u2013 sur lesquels on ajoutait la sc\u00e8ne de l&rsquo;apparition du saint ou de la Vierge, selon l&rsquo;auteur du miracle et l&rsquo;identit\u00e9 du donateur.<br \/>\n<br \/>\n<br\n\n\n<h2><strong> <strong> <strong>SACRA DI SAN MICHELE<\/strong> (Pi\u00e9mont) <\/h2>\n<p><\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/sacra1.jpg\" alt=\"Sacra di San Michele\" title=\"Sacra di San Michele\" class=\"caption\" align=\"left\" \/>L\u2019abbaye Saint-Michel de La Cluse fut fond\u00e9e entre 983 et 987 dans le val de Suse par un noble auvergnat, Hugues de Montboissier, sur le Mont Pirchiriano (962 m) dominant la via Francigena pr\u00e8s des anciennes <em>Clusae Langobardorum<\/em>. Peut-\u00eatre existait-il d\u00e9j\u00e0 une petite \u00e9glise construite par saint Jean confesseur, ermite install\u00e9 auparavant sur le mont Caprasio situ\u00e9 en face.<br \/>\nLe premier abb\u00e9, Atvertus, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sup\u00e9rieur de l\u2019abbaye clunisienne de L\u00e9zat (Ari\u00e8ge). Les moines b\u00e9n\u00e9dictins furent longtemps recrut\u00e9s en France. Les moines chroniqueurs de l\u2019abbaye revendiqu\u00e8rent \u00e0 partir du XIe si\u00e8cle l\u2019immunit\u00e9 tant des marquis que des \u00e9v\u00eaques de Turin. L\u2019abb\u00e9 Beno\u00eet II (1066-1091) fut un des meilleurs repr\u00e9sentants de la r\u00e9forme gr\u00e9gorienne en Pi\u00e9mont. Pascal II, en 1114, exempta l\u2019abbaye du pouvoir \u00e9piscopal.<br \/>\nLe XIIe si\u00e8cle vit, outre une union spirituelle avec Cluny, le Mont-Saint-Michel et V\u00e9zelay,  la constitution d\u2019un tr\u00e8s important temporel form\u00e9 de terres, d\u2019\u00e9glises et de d\u00eemes r\u00e9parties dans diverses provinces europ\u00e9ennes.<br \/>\nDu XIIe au XIIIe si\u00e8cle, les abb\u00e9s de Saint-Michel contr\u00f4l\u00e8rent d\u2019autres monast\u00e8res ; ils devinrent des notables de la cour des princes de Savoie, agrandirent et embellirent les b\u00e2timents avec les meilleurs architectes, sculpteurs (Nicolao) et peintres (Defendente Ferrari).<br \/>\nAu XIIIe et au XIVe si\u00e8cle, l\u2019abbaye rayonne moins au niveau international et elle est plus proche de la principaut\u00e9 savoyarde. Les moines indisciplin\u00e9s accumul\u00e8rent les dettes, en 1375, l\u2019abb\u00e9 Pierre de Fongeret et ses moines furent excommuni\u00e9s par le pape Gr\u00e9goire IX. En 1381, le r\u00e9gime de la commende fut institu\u00e9 au profit d\u2019Am\u00e9d\u00e9e IV de Savoie. Aujourd\u2019hui, l\u2019abbaye, sous le nom de \u00ab Sacra \u00bb, est habit\u00e9e par une communaut\u00e9 de p\u00e8res rosminiens.<br \/>\nPr Giuseppe SERGI (Universit\u00e0 di Torino)<\/p>\n<p><strong> <em>Sacra di San Michele<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Vue g\u00e9n\u00e9rale<\/em><br \/>\nAu premier plan \u00e0 gauche, se trouve l\u2019h\u00f4tellerie, surmont\u00e9e par le monast\u00e8re ancien et par l\u2019abbatiale aux trois \u00e9tages superpos\u00e9s.<\/p>\n<p><strong> <em>Chevet et entr\u00e9e de l\u2019abbaye <\/em>  <\/strong><br \/>\n<em>Sacra di San Michele<\/em><br \/>\nL\u2019entr\u00e9e de l\u2019abbaye est sans doute la partie la plus spectaculaire par le d\u00e9fi d\u2019avoir entrepris une construction aussi imposante, au sommet d\u2019une montagne, rappelant le d\u00e9fi relev\u00e9 au mont Tombe, au milieu des flots. L\u2019aspect monumental frappe en effet le visiteur : le soubassement supporte l\u2019\u00e9glise construite au sommet du rocher. On remarque la superposition des niveaux, la qualit\u00e9 de la construction (appareillage) et la pr\u00e9sence au sommet de l\u2019abside, d\u2019une galerie romane d\u2019arcades (viretti en italien) couronnant avec gr\u00e2ce l\u2019ensemble de la construction, d\u2019apparence extr\u00eamement massive. La corniche de l\u2019abside surplombe le seuil de l\u2019entr\u00e9e de 41 m.<\/p>\n<p><strong> <em>Escalier des morts<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Sacra di San Michele<\/em><br \/>\nMonumentale construction romane, conduit au sanctuaire, de l\u2019entr\u00e9e, jusqu\u2019au niveau de l\u2019\u00e9glise. Le long des parois rocheuses, s\u2019ouvrent des niches qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale,  abritaient les tombeaux de personnalit\u00e9s locales (abb\u00e9s et bienfaiteurs du monast\u00e8re). \u00c0 son sommet, il ouvre sur le portail roman dit porte du Zodiaque, chef d\u2019oeuvre de la sculpture romane du d\u00e9but du XIIe si\u00e8cle (vers 1120), travail du ma\u00eetre Niccolo, connu aux cath\u00e9drales de Ferrare, de V\u00e9rone et de Piacenza.<\/p>\n<p><strong> <em>Saint Michel archange, Antonio Maria Viani, XVIIe si\u00e8cle <\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Sacra di San Michele<\/em><br \/>\nTableau offert en 1633 par le cardinal Maurice de Savoie et express\u00e9ment destin\u00e9 au ma\u00eetre-autel de l\u2019abbaye.<\/p>\n<p><strong> <em>Triptypque, Defendente Ferrari, XVIe si\u00e8cle<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Sacra di San Michele<\/em><br \/>\nAu centre, la Vierge allaite l\u2019Enfant-J\u00e9sus, de  chaque c\u00f4t\u00e9, saint Michel et saint Jean Vincent, ce dernier pr\u00e9sente le donateur, Urbain de Miolans, abb\u00e9 commendataire de la Sacra de 1503 \u00e0 1522.  Sur la pr\u00e9delle, au registre inf\u00e9rieur, un cycle de l\u2019Enfance<\/p>\n<h2><strong> <strong>LE MONT SAINT-MICHEL (Manche)<\/strong> <\/h2>\n<p><\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/Mont-Saint-Michel.jpg\" alt=\"Mont-Saint-Michel\" title=\"Mont-Saint-Michel\" class=\"caption\" align=\"left\" \/>Le Mont-Saint-Michel, abbaye b\u00e9n\u00e9dictine et forteresse imprenable, camp\u00e9e sur un rocher dominant l\u2019oc\u00e9an, a toujours fascin\u00e9 les hommes. Le texte de la <em>Revelatio<\/em> rapporte comment Aubert, \u00e9v\u00eaque d\u2019Avranches, fonda une \u00e9glise au sommet du Mont-Tombe. Consacr\u00e9e le 16 octobre 708, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en abbaye en 966 et a connu une grande c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 au Moyen \u00c2ge. Apr\u00e8s Rome, J\u00e9rusalem et avec Saint-Jacques de Compostelle, ce fut l\u2019un des plus grands centres de p\u00e8lerinage d\u2019Occident. Le premier p\u00e8lerin connu par les textes est un moine franc nomm\u00e9 Bernard qui, au retour d\u2019un voyage au Monte Gargano, \u00e0 Rome et J\u00e9rusalem, y vint en p\u00e8lerinage en 867-868. Avec l\u2019installation des moines b\u00e9n\u00e9dictins au Xe si\u00e8cle et la diffusion des r\u00e9cits de miracles, les p\u00e8lerins se firent plus nombreux et c\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019apparut la premi\u00e8re mention des chemins montais (1025). Avec les ducs de Normandie, les rois de France ont \u00e9t\u00e9 nombreux \u00e0 venir v\u00e9n\u00e9rer l\u2019Archange, protecteur traditionnel du royaume. Les textes signalent aussi la venue des \u00ab pastoureaux \u00bb, ces bandes d\u2019enfants venues de France, des Flandres et d\u2019Allemagne.<br \/>\nAssi\u00e9g\u00e9 en vain par les Anglais pendant plus de trente ans, le Mont-Saint-Michel fut durant la Guerre de Cent ans consid\u00e9r\u00e9 comme le symbole de l\u2019h\u00e9ro\u00efque r\u00e9sistance nationale. Mais \u00e0 partir du milieu du XVIe si\u00e8cle, le Mont perdit de son int\u00e9r\u00eat militaire et religieux. En 1790, la R\u00e9volution chassa les derniers moines et en fit une prison jusqu\u2019en 1863. Le retour de religieux permit alors la relance du p\u00e8lerinage. L\u2019ensemble, avec la baie, est aujourd\u2019hui inscrit au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.<br \/>\nVincent JUHEL (Association \u00ab Les Chemins du Mont-Saint-Michel \u00bb)<\/p>\n<p><strong> <em>Apparition \u00e0 saint Aubert<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Cartulaire du Mont Saint-Michel, Avranches, XIIe si\u00e8cle<\/em><br \/>\nLieu de conservation : Avranches, Biblioth\u00e8que municipale, ms 210, f\u00b0 4 v\u00b0.<br \/>\nLe manuscrit 210 est le Cartulaire r\u00e9dig\u00e9 au milieu du XIIe si\u00e8cle (vers 1149-1155), sous l\u2019abbatiat de Geoffroi  ou de Robert de Torigni : il contient quatre dessins en pleine page dont le premier est rehauss\u00e9 d\u2019or.<br \/>\nL\u2019archange appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Avranches, Aubert, pour l\u2019inviter \u00e0 \u00e9difier sur le Mont Tombe un sanctuaire consacr\u00e9 \u00e0 son culte : apr\u00e8s deux visites demeur\u00e9es sans effet, l\u2019archange intervient une troisi\u00e8me fois et manifeste son impatience en touchant le front de l\u2019\u00e9v\u00eaque. Celui-ci repose sur un lit, les yeux ouverts et la t\u00eate appuy\u00e9e sur sa main, r\u00e9veill\u00e9 peut-\u00eatre par le vacarme des cors et des trompettes qui retentissent \u00e0 toutes les fen\u00eatres du palais \u00e9piscopal d\u2019Avranches.<br \/>\nLa d\u00e9couverte, au d\u00e9but du XIe si\u00e8cle, d\u2019un cr\u00e2ne pr\u00e9sentant le trou r\u00e9gulier d\u2019une perforation fit aussit\u00f4t penser au texte de la <em>Revelatio ecclesiae sancti Michaelis<\/em> racontant les trois interventions de l\u2019archange aupr\u00e8s d\u2019Aubert : on imagina alors que l\u2019orifice du cr\u00e2ne avait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par le doigt de l\u2019archange lors de sa troisi\u00e8me visite.<\/p>\n<p><em> <strong>Voyage des clercs envoy\u00e9s par saint Aubert au Monte Gargano<\/strong><br \/>\n<em>Br\u00e9viaire de Salisbury, dit du duc de Bedford (Paris, 1424-1435)<\/em><br \/>\nLieu de conservation : Paris, Biblioth\u00e8que nationale de France, d\u00e9partement des manuscrits, ms lat. 17294 f\u00b0 609 v\u00b0<br \/>\nCe manuscrit, ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 Paris vers 1424 pour Jean de Lancastre,  duc de Bedford et r\u00e9gent de France (mort en 1435), poss\u00e8de une tr\u00e8s riche iconographie avec 46 peintures \u00e0 demi-page et 4300 petites images.<br \/>\nApr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 la fondation du sanctuaire du Monte Gargano, l\u2019artiste illustre par de petites enluminures les origines du Mont Saint-Michel autour du texte de la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis. L\u2019ensemble occupe quatre pages soit seize m\u00e9daillons, \u00e0 raison de quatre images par page. Sont ainsi repr\u00e9sent\u00e9s successivement, du folio 608 au folio 610 : des p\u00e8lerins en route vers le Mont entour\u00e9 d\u2019arbres, l\u2019apparition de saint Michel \u00e0 saint Aubert, saint Michel montre la grotte o\u00f9 se trouve l\u2019animal d\u00e9rob\u00e9 \u00e0 saint Aubert, l\u2019archange demandant \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Avranches de fonder un \u00e9difice \u00e0 cet endroit, le chantier de construction du Mont, son arr\u00eat par la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9normes rocher et l\u2019intervention miraculeuse de l\u2019archange pour r\u00e9soudre ces difficult\u00e9s, saint Aubert surveillant la conduite du chantier. Le folio reproduit illustre le voyage des deux clercs au Monte Gargano pour aller demander des reliques de l\u2019archange au sanctuaire des Pouilles, avec successivement: l\u2019archange invitant saint Aubert \u00e0 envoyer des clercs au Monte Gargano, leur arriv\u00e9e au sanctuaire du Gargano, l\u2019\u00e9v\u00eaque de Siponto et l\u2019abb\u00e9 leur donnant des reliques et enfin leur retour au Mont, rapportant \u00e0 saint Aubert les pr\u00e9cieuses reliques de l\u2019archange<br \/>\nAu dernier folio (non repr\u00e9sent\u00e9), saint Aubert accueille les premiers p\u00e8lerins, il frappe le rocher pour faire jaillir une source au Mont o\u00f9 l\u2019eau manquait, avant de conclure avec deux vues du Mont (abbaye et clerc au travail dans le scriptorium).<\/p>\n<p><strong> <em>Tapisserie de Bayeux, XIe si\u00e8cle<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Lieu de conservation : Bayeux, mus\u00e9e Guillaume le Conqu\u00e9rant<\/em><br \/>\nCette Broderie fut r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019initiative d\u2019Odon, \u00e9v\u00eaque de Bayeux et demi-fr\u00e8re de Guillaume le Conqu\u00e9rant au lendemain de la bataille d\u2019Hastings. Elle est l\u2019\u0153uvre d\u2019une \u00e9quipe d\u2019artistes regroupant \u00e0 la fois des Anglais et des Normands qui travaill\u00e8rent dans un des ateliers du Kent, dont Odon \u00e9tait le comte.<br \/>\nLes Normands traversent la baie du Mont et le Couesnon en affrontant les dangers des sables mouvants. Harold est repr\u00e9sent\u00e9 avec un Anglais sur ses \u00e9paules tandis que de sa main droite il sauve un Normand d\u00e9j\u00e0 enlis\u00e9 dans les sables. A l\u2019arri\u00e8re-plan est figur\u00e9 le Mont au sommet duquel se dresse le sanctuaire : la disposition de l\u2019\u00e9difice en \u00e9quilibre sur la colline arrondie est conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, puisque l\u2019abbatiale ne repose sur le rocher qu\u2019\u00e0 la crois\u00e9e du transept. Les trois arcades correspondaient sans doute \u00e0 la fa\u00e7ade avec ses trois portails sans les tours, qui furent construites beaucoup plus tard.<br \/>\nConstantinople et ne suit donc pas le canon iconographique italo-byzantin.<\/p>\n<p><strong> <em>Saint Michel et le Mont Saint-Michel au milieu du XVe si\u00e8cle<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Livre d\u2019heure du duc Pierre II de Bretagne (1455-1457)<\/em><br \/>\nLieu de conservation : Biblioth\u00e8que nationale de France, d\u00e9partement des manuscrits, ms lat. 1159, fol. 160v<br \/>\nCette miniature repr\u00e9sente l\u2019archange saint Michel v\u00eatu d\u2019une cuirasse et d\u2019un manteau pourpre : de sa main droite il brandit son \u00e9p\u00e9e tandis que de son autre main il tient fermement le dragon \u00e0 forme mi-humaine mi animale. Dans le bas de la page est figur\u00e9 le Mont Saint-Michel  avec son rempart, son village et l\u2019abbaye. Sur les gr\u00e8ves des voyageurs et des p\u00e8lerins se dirigent vers l\u2019entr\u00e9e du Mont. Cette image est l\u2019une des premi\u00e8res repr\u00e9sentations du Mont, mais, \u00e0 la diff\u00e9rence des Tr\u00e8s Riches Heures du duc de Berry, ant\u00e9rieures de quelques ann\u00e9es, il ne s\u2019agit pas d\u2019une repr\u00e9sentation r\u00e9aliste mais de la transcription en image d\u2019une description topographique du site. L\u2019\u00e9vocation des p\u00e8lerins traversant la gr\u00e8ve \u00e0 pied, leur bourdon \u00e0 la main ou sur l\u2019\u00e9paule, ou en chariot pour les amener au sanctuaire, est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante<\/p>\n<p><strong> <em>Le Mont Saint-Michel vers 1400 <\/strong><\/em><br \/>\n<em>Tr\u00e8s Riches Heures du duc de Berry, fr\u00e8res Limbourg  (Paris, c. 1410-1416)<\/em><br \/>\n<em>Lieu de conservation : Chantilly, Mus\u00e9e Cond\u00e9, ms 65, f\u00b0 195<\/em><br \/>\nJean de France, duc de Berry, \u00e9tait le fils du roi Jean le Bon et fr\u00e8re de Charles V. Il \u00e9tait venu par deux fois en p\u00e8lerinage au Mont en accompagnant son neveu le roi Charles VI en 1393 et 1394.<br \/>\n La peinture du Mont Saint-Michel est l\u2019\u0153uvre d\u2019un des trois fr\u00e8res de Limbourg : c\u2019est la derni\u00e8re de l\u2019ouvrage qui \u00e9voque le combat de saint Michel et du dragon de l\u2019Apocalypse de Jean. Le Mont est repr\u00e9sent\u00e9 avec le village et les remparts. L\u2019abbatiale a encore son ch\u0153ur roman et toute sa nef avec les deux tours de fa\u00e7ade. \u00c0 l\u2019arri\u00e8re plan est figur\u00e9e l\u2019\u00eele de Tombelaine sur laquelle se dresse le prieur\u00e9 montois du m\u00eame nom, objet d\u2019un important p\u00e8lerinage marial. L\u2019ensemble a enti\u00e8rement disparu depuis le XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong> <em>Procession des habitants de Camembert au Mont Saint-Michel<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Peinture sur bois, 1772,<br \/>\nLieu de conservation : \u00e9glise de Camembert (Orne)<\/em><br \/>\n\u0152uvre populaire repr\u00e9sentant les p\u00e8lerins de Camembert arrivant en p\u00e8lerinage au Mont Saint-Michel le 21 septembre 1772. Les participants s\u2019avancent en procession sur la gr\u00e8ve avec le nom de chacun d\u2019entre eux inscrit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Dans les airs, saint Michel brandit une \u00e9p\u00e9e de la main droite et de la main gauche tra\u00eene un d\u00e9mon encha\u00een\u00e9. Le drapeau du p\u00e8lerinage a lui aussi \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 et pr\u00e9sente l&rsquo;image de l&rsquo;Archange peinte au centre de la composition, sur chacune des deux faces (XVIIIe si\u00e8cle). C\u2019est l\u2019un des derniers drapeaux de p\u00e8lerinage connus au XVIIIe et au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, souvent mentionn\u00e9s jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1900 et aujourd\u2019hui disparus. Au cours du XIXe si\u00e8cle, l\u2019usage de la banni\u00e8re va supplanter celui du drapeau au cours des p\u00e8lerinages et des processions.<\/p>\n<p><strong> <em>Collier de l\u2019ordre de saint Michel<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Collier en argent dor\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par Jean Mellerio en 1877-1878<\/em><br \/>\nJ. Mellerio se serait inspir\u00e9 d&rsquo;un dessin de Corroyer, dont le mod\u00e8le provenait d&rsquo;un bas-relief du XVe si\u00e8cle. Selon les Statuts de l&rsquo;Ordre, il \u00ab\u00a0estoit compos\u00e9 de doubles coquilles d&rsquo;or, li\u00e9es et no\u00fc\u00e9es en lacs d&rsquo;amour\u00a0\u00bb. Au bout du collier se trouvait un ovale en or, sur lequel \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9 saint Michel terrassant le dragon : il levait son \u00e9p\u00e9e flamboyante, pr\u00eat \u00e0 frapper, les ailes largement d\u00e9velopp\u00e9es, v\u00eatu d&rsquo;une cuirasse et du manteau de l&rsquo;ordre parsem\u00e9 de fleurs de lys. En dessous \u00e9tait grav\u00e9 la devise <em>Immensi tremor Oceani<\/em> \u00ab\u00a0La terreur de l&rsquo;immense Oc\u00e9an\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong> <em>P\u00e8sement des \u00e2mes<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Bas-relief, g\u00e2ble du portail de la Calende, Rouen, cath\u00e9drale Notre-Dame, vers 1300<\/em><br \/>\nLe riche d\u00e9cor sculpt\u00e9 des portails des Libraires et de la Calende ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s gr\u00e2ce au m\u00e9c\u00e9nat de Guillaume de Flavacourt, archev\u00eaque de Rouen de 1278 \u00e0 1306 et constructeur des fa\u00e7ades du transept de la cath\u00e9drale. Ce grand quadrilobe occupe le centre du g\u00e2ble surmontant le tympan du portail principal consacr\u00e9 \u00e0 la Passion du Christ. Dans cette sc\u00e8ne o\u00f9 saint Michel p\u00e8se les \u00e2mes, au jour du Jugement dernier, le diable tente de faire pencher la balance de son c\u00f4t\u00e9 en tirant sur un plateau. Il faut signaler la grande \u00e9l\u00e9gance de la composition, encore empreinte de l\u2019art rayonnant du XIIIe si\u00e8cle fran\u00e7ais, le d\u00e9hanchement de l\u2019archange (contraposto) et la raret\u00e9 de cette sc\u00e8ne isol\u00e9e dans l\u2019art m\u00e9di\u00e9val. La plupart du temps, elle est en effet int\u00e9gr\u00e9e aux ensembles du Jugement dernier.<\/p>\n<p><strong> <em>et statue de saint Michel, Alexandre Chertier, 1872<\/em> <\/strong><br \/>\n<em>Lieu de conservation : Coutances, cath\u00e9drale Notre-Dame<\/em><br \/>\nCette statue en bois lam\u00e9e d\u2019argent a \u00e9t\u00e9 offerte \u00e0 sa cath\u00e9drale par monseigneur Jean-Pierre Bravard, le \u00ab sauveur du Mont \u00bb ; l\u2019ann\u00e9e suivante il en offrait une autre au sanctuaire du Mont-Saint-Michel o\u00f9 il avait fait venir les p\u00e8res de Saint-Edme d\u00e8s 1865, un an apr\u00e8s le d\u00e9part des derniers prisonniers. Cette seconde statue, aujourd\u2019hui d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9glise paroissiale du Mont, est le support de la v\u00e9n\u00e9ration des fid\u00e8les depuis cette date. Elle orne les images pieuses, m\u00e9dailles et autres souvenirs de p\u00e8lerinage, sans compter des copies en bronze ou des tirages en pl\u00e2tre install\u00e9s dans des \u00e9glises normandes. Son couronnement, r\u00e9alis\u00e9 le 4 juillet 1877, a donn\u00e9 lieu \u00e0 de grandes festivit\u00e9s qui ont rassembl\u00e9 plus de 20.000 personnes.<\/p>\n<p>><\/p>\n<p>Notices du catalogue : Vincent Juhel, avec la collaboration de Pierre Bouet. Les notices sur le Monte Gargano sont librement inspir\u00e9es de l\u2019ouvrage des \u00e9ditions Grenzi, <em> <em>L\u2019angelo, la montagna, il pellegrino,<\/em> <\/em> publi\u00e9 \u00e0 Foggia, en 1999.<\/p>\n<p>Exposition photographique r\u00e9alis\u00e9e sous la direction de Giorgio Otranto et Angela Laghezza, Universit\u00e0 degli studi di Bari Aldo Moro, Progetto CUSTOS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du Gargan \u00e0 l&rsquo;Europe, histoire des trois monts d\u00e9di\u00e9s \u00e0 saint Michel Exposition pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-Pierre de Caen durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2023 catalogue des panneaux de l&rsquo;exposition r\u00e9alis\u00e9e avec les universit\u00e9s de Bari, Caen et Turin MONTE GARGANO (Pouille) Au Ve si\u00e8cle, le culte de l\u2019Archange s\u2019implanta dans une grotte du Monte Gargano o\u00f9, selon [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-187","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=187"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/187\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1354,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/187\/revisions\/1354"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lescheminsdumontsaintmichel.com\/it\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}